24/05/2017

Réactions de parents concernant la qualité de l'enseignement

Boüüaert J., Qualité de l’enseignement, LS 26/12/2001

 

 

 

 

Je suis grand-père et docteur en philologie classique, j'ai été pro­fesseur dans l'enseignement secondaire de 1953 à 1980 et dans le supérieur de 1975 à 1986,et j'ai été président de l'Union nationale des enseignants.. Ceci vous explique pourquoi je suis préoccupé par la situation de notre enseignement.

 

«On» a été brusquement surpris d'apprendre le mauvais classe­ment de l'enseignement belge francophone, alors que périodi­quement des «spécialistes» ont trouvé, statistiques à l'appui, qu'il ne s'était pas dégradé, con­trairement à ce que disaient cer­tains enseignants, tant du secondaire que du supérieur! S'agit-il d'inconscience des responsables de l'enseignement, ou d'un refus antiscientifique de reconnaître une erreur? Quoi qu'il en soit, cette attitude est irritante.

 

Je ne pense pas que la baisse de qualité de notre enseignement résulte d'une incompétence per­manente ou de l'absence de con­science professionnelle des en­seignants, mais qu'elle s'explique en gros de la même maniere que le naufrage de la Sabena et la situation précaire de la SNCB, de La Poste, etc., c'est-à-dire par une mauvaise gestion.

 

Pour les questions d'enseigne­ment, on consulte des « spécialistes», des «experts», des con­seillers «compétents», des pédagogues, des représentants de syndicats, de parents d'élèves, mais pas les praticiens profes­sionnels de l'enseignement pri­maire et secondaire. On traite les enseignants avec dédain, malgré les paroles 'élogieuses ans les grandes. occasions. Je n'oublierai jamais la façon insul­tante dont Joseph Michel a écon­duit jadis une' délégation d'en­seignants qui avaient le toupet de formuler des réserves à l'égard du rénové (qu'on n'a ces­sé d'amender depuis, et qui aboutit au résultat catastrophi­que actuel 1), ni le silence mépri­sant que Laurette Onkelinxa op­posé a une lettre circonstanciée que je lui avais adressée sur la dégradation de l'enseignement. Mais évidemment, les ensei­gnants ne font pas le poids, élec­toralement !

 

L'enseignement ne concerne que l'avenir du pays, une échéance lointaine, alors que certains po­liticiens sont impatients de voir satisfaire très rapidement leur vanité. Aussi n'a-t-on cessé, de­puis une cinquantaine d'années, de faire des économies sur l'en­seignement - qui coûte cher, c'est un fait - et sur d'autres ac­tivités, pour pouvoir offrir le nombre souhatté de charges mi­nistérielles. Alors que nous avons une dette considérable, ' nous nous payons le luxe 'de trois ministres pour l'enseigne­ment francophone! Que serait la Chine si elle avait la même densité ministérielle que la Bel­gique ?

 

 On a calculé, «scientifique­ment», bien entendu, le coût d'un redoublement de classe, mais on n'a pas calculé celui d'une mauvaise formation résul­tant de la poursuite d'études sur des bases déficientes. On calcule le coût des études mais non la valeur du résultat final, la «valeur ajoutée" de l'individu, et on ne parle guère du cot1t d'un cabi­

 

net ministériel, quand on veut faire des économies; On est ob­sédé par la réussite, facile à dénombrer, mais on ne se soucie guère de la compétence et des connaissances acquises.

 

Comme cause de dégradation de l'enseignement, il y a:, à côté de l'obsession" financière, l'aspect administratif. Il y a une produc­tion constante de circulaires contraignantes, qui donnent parfois aux enseignants l'im­pression qu'ils sont au service de l'administration et non de l'en­seignement. Quant aux instruc­tions pédagogiques, elles sont généralement rédigées en jar­gon professionnel, ce qui prouve l'incompétence pédagogique ou psychologique de leurs auteurs, et" elles sont parfois si mal con­çues ou rédigées qu'elles doi­vent être précisées, expliquées, commentées, corrigées ou syn­thétisées par des notes ultérieu­res. La formation des ensei­gnants est-elle donc devenue si mauvaise qu'il faille constam­ment les mettre sur le bon che­min ? Ou faut-il supposer que la pédagogie fait des progrès si ra­pides et prodigieux? Et ces di­rectives n'émanent pas de prati­ciens de l'enseignement;" c'est comme si on choisissait un phy­sicien comme entraîneur pour une équipe de football! Venant de politiciens, de technocrates et de théoriciens, elles ne peu­vent que décourager ou révolter des enseignants expérimentés et consciencieux, déjà agacés par la politisation de certaines fonc­tions.

 

 L'enseignement a commencé à se dégrader depuis l'introduc­tion du rénové et la multiplication des circulaires pédagogi­ques, et les recyclages obligatoi­res que l'on prépare n'y porte­ront certainement pas remède, car une contrainte génère habituellement découragement, ré­volte ou sabotage. Ces recycla­ges ne servent qu'à donner bon­ne conscience aux responsables de l'enseignement ! Il serait in­finiment plus sage de prévoir la possibilité de recyclages à la de­mande des enseignants et dans les domaines qu'ils souhaitent.

 

Sans doute y a-t-il encore d'au­tres causes à la dégradation de notre enseignement, qui jouent probablement aussi dans les au­tres pays d'Europe, mais il est possible de porter remède aux deux que j'ai relevées plus haut. , Ce qu'il faut, c'est avant tout cesser de décourager les ensei­gnants, leur rendre leur dignité, tenir compte de leur avis, mettre fin à des mesures ineptes com­me l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans (inventée pour réduire le nombre officiel de chômeurs), ou l'interdiction de faire doubler (pour réduire le coût de l'ensei­gnement), etc. Dans le monde politique, il y a des hommes et des femmes consciencieux et courageux. Il est grand temps qu'ils redressent sérieusement la situation!

 

 

 

 

 

Duplat Guy, Le « trou noir » de l’enseignement, LB 27/12/2002

 

Marc Henneaux, professeur de physique théorique à l’ULB, spécialiste des théories de la gravitation et de la physique des trous noirs, Prix Francqui 2000 :

« - La science belge manque de moyens.

nCe n’est tant une question de moyens que de volonté. Je suis partisan d’une certaine forme d’élitisme, un élitisme intellectuel bien sûr et nullement un élitisme social ou d’argent. Un élitisme qui valorise la rigueur. Il peut se manifester partout, y compris chez un plombier qui fait bien son boulot. Il faut pousser partout les gens à réaliser le meilleur d’eux-mêmes. (...) Je peux être bon dans un domaine mais mauvais dans un autre, je ne souhaite nullement être mis sur le même pied que d’autres meilleurs que moi. En Belgique, on veut trop gommer les distinctions alors que c’est la diversité qui fait la richesse. »

 

- La société du savoir devient une société de plus en plus à deux vitesses.

nIl y a eu une massification de l’enseignement et sans doute, un niveau global moins élevé. 

 Avec ce paradoxe que des enfants venus de milieux culturels favorisés s’ennuient dorénavant dans l’école secondaire. L’image traditionnelle de l’enseignement qui permet à chacun d’aller le plus loin possible, ne marche plus. (...)

 Si on simplifie l’enseignement, si on gomme le souci d’élitisme, on aboutit au résultat inverse à celui recherché. Un diplôme obtenu ne veut plus rien dire. Ces mesures prises au nom de la démocratie aboutissent  à l’inverse. » 

 

Daloze Guy, Sur un curieux dérapage, LB 08/12/2003

 

La décision du ministre Hazette d’imposer 20 heures de cours aux futurs enseignants de la CF issus du libre ressemble à un ‘camp de redressement intellectuel’.

Suivant une nouvelle version, « tous les enseignants seront annuellement endoctrinés, au début de l’année scolaire, sur la ‘neutralité’. encore faut-il définir cette neutralité. (…)

Ainsi, le professeur Fourez (Namur) s’est penché sur cette idéologie de la neutralité qui imagine que les enseignants pouvaient recevoir d’une instance ‘neutre’ (scientifique ?) des réponses qui les dispenseraient de s’engager dans des choix alors qu’on croit neutres ne font souvent qu’épouser les idéologies dominantes.

 

De Coster François, Un diplôme pour 50 euros! , LB 10/06/2004

 

UNE SUGGESTION JUSTE AVANT LES ÉLECTIONS (après ça ne

sert plus à rien) au ministre et aux responsa­bles de l'Enseignement secon­daire.

Ils annoncent à grand renfort de publicité que les coûts sco­laires présentés aux parents devront être drastiquement réduits: les journaux de classe, les photocopies, plu­sieurs frais extrascolaires ne pourront plus être facturés aux parents. Grâces leur en se­raient d'ailleurs rendues, si les subsides de fonctionnement des écoles étaient eux correc­tement versés aux écoles par le ministère...

Pour prêcher d'exemple, je suggérerais au ministère de re­noncer à cette véritable impo­sition de 50 euros qu'il fait ha­bilement prélever par l'inter­médiaire des écoles sur le di­plôme de fin d'études secondaires, comme ça, en plus, l'impopularité de la ponction n'est pas pour lui. On finirait par comprendre rien que par là le souci de promouvoir l'''école de la réussite" puisque chaque "réussite" fait tomber plus de deux mille francs (pour parler ringard) dans l'escarcelle du ministère. Merci, monsieur le ministre!

 

Des écoles en fusion, DH 19/04/2006

 

La rentrée a été perturbée dans 18 écoles

BRUXELLES Les vacances de Pâques ont duré un peu plus longtemps de d'habi­tude, pour plusieurs centaines d'élèves. Ce mardi, jour officiel de reprise, 18 écoles ont connu des perturba­tions diverses, allant du simple arrêt de tra­vail à la suspension des cours.

Le mouvement a touché des établisse­ments de l'ensemble de la Communauté française, comme l'athénée royal Victor Horta de Forest, mais aussi des implanta­tions à Mons, Rixensart, Evere ou Châtelet.

Les débrayages, totaux ou partiels, ont été causés par des no­minations de nou­veaux préfets et provi­seurs. "Ils ont passé leur brevet voici deux ans", explique Anas Harim, de Victor Horta. "Et la ministre Arena a décidé de les faire entrer en fonction au lendemain des vacances de Pâ­ques. Du coup, les provi­seurs en place ont re­trouvé leur job de prof au détriment d'autres collègues. Bilan de tout ceci: à 6 semaines des examens, des élèves se retrouvent face à un professeur qu'ils n'ont jamais eu de toute l'an­née!"

Les protestataires ne contestent pas la ré­forme, mais deman­dent "qu'on attende le 1er juillet pour faire les changements".

Au cabinet de la mi­nistre de l'Éducation,

 

Marie Arena (PS), on tient à recadrer. "D'abord, contraire­ment à ce que certains disent, ce n'est pas la première fois que nous procédons de la sorte, en cours d'année. Et pour cause : nous ne fai­sons que respecter les statuts. Des proviseurs, titulaires d'un brevet, de­mandent une affecta­tion là où quelqu'un sans brevet officie. On doit leur donner la place, à défaut de quoi le Conseil d'Etat nous condamnerait."

Dans 6 des 18 éta­blissements, les gens nommés étaient en outre déjà en place. Quant à la demande d'attendre juillet, elle semble exclue. "Les per­sonnes nommées doi­vent être à même de préparer la prochaine rentrée..."

 

Ch.C.

 

Marie : in : lalibre.be, LB 07/02/2007

 

« La déchéance de notre enseignement, c’est la ruine de notre économie et de notre compétitivité dans moins de dix ans. »

 

Madame Arena a encore frappé!, in : LSM 14/04/2007

 

« Grâce à Mme Arena, nos enfants, avant de se douter qu'il y a une vie sexuelle, devront apprendre qu'il existe une homosexualité, une bisexualité, et cela dès la maternelle. Une fois de plus, elle ne demande l'avis de personne: la plupart des parents aimeraient peut-être que leurs enfants quittent l'école en sachant lire et écrire. Quelle prétention que de faire figurer Elio aux côtés de Socrate, Platon, César, Léonard de Vinci. Si le premier est devenu célèbre par l'aveu de son homosexualité, et ses plans annuels et foireux pour sauver la Wallonie, les autres ont laissé des traces dans l'histoire pour d'autres raisons. . . Notre ministre de l'ignorance semble ignorer que Vinci a eu quelques procès pour fait de pédophilie. Que Mme Arena s'occupe plutôt d'éradiquer le racket qui sévit dans les écoles ! »

 

Michèle Gheysens (via mail).

 

Les aberrations du numerus clausus, AL 18/09/2007

 

Sophie Estas, Tournai

• Cette lectrice nous fait parvenir la lettre envoyée aux ministres en charge de la Santé et de l'ensei­gnement supérieur. Ma fille est directement concernée et pénalisée par le numerus clausus. En effet, si elle obtint en juin une moyenne de 14,2 avec deux examens à repasser, elle est sortie la semaine dernière de sa seconde session avec une moyenne de 15,5. c'est-à-dire, avec Jne grande distinction. Elle a donc brillamment réussi sa première année de médecine. Elle a mérité et a reçu, comme bien d'autres étudiants dans son cas, les félicitations des professeurs et de tout son entourage pour ses études qu'elle est bien déterminée à continuer.

la réalité est tout autre puisque malgré la concrétisation d'une réussite par ses efforts fournis, la loi lui interdit le passage en deuxième année, le déplore les effets destructeurs qu'une telle loi induit chez nos jeunes étudiants. Outre la démqti-vation qu'elle génère, il y a entre les étudiants une rivalité qui s'installe alors que la société appelle de partout à plus de solidarité. C'est une pression supplémentaire et inutile qui émane de cène compétition. Mais également étant sage-femme, je suis au fait de cette autre réalité qui est le manque de médecins dans nos hôpitaux et dans d'autres pays européens. Dès lors, quelle réponse cohérente pouvez-vous me fournir pour justifier ce rejet de candidats valables dans nos universités? Si la réponse est le manque de numéros INAMI en Belgique, quid des étudiants qui souhaitent s'investir à l'étranger où ce numéro n'est pas néces­saire?

Cette semaine, la presse a relaté les efforts déployés pour assister des étudiants moins favorisés financièrement à accéder à tout niveau d'étude. C'est formidable, mais nous, parents de trois enfants dont deux universitaires, avons financé une coûteuse année d'étude universitaire qui, en fin de compte, est «perdue» et pourtant réussie!

Vous comprendrez dès lors ce sentiment d'injustice qui nous assaille. Si un de vos enfants se retrouvait dans la même situation, l,jg lui diriez-vous? Avec quels arguments logiques puis-je faire accepter un tel état de fait à ma fille?

 

Comparer l’incomparable, LB 27/09/2007

 

POURQUOI L'ÉMISSION "QUES­TIONS À LA UNE" COMPARE-T-ELLE LES MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT

de la Finlande et de la Communauté française de Belgique? Si encore on avait comparé avec la Flandre, qui a aussi de bien meilleurs résultats PISA que la Wallonie. En effet, la Finlande présente d'énormes différences avec notre pays, au-delà des méthodes ou contenus de l'enseignement. En premier lieu, son homogénéité cul­turelle, la plus forte en Europe. Le nombre d'immigrés y est très faible et constitué principalement d'autres Européens. Les enfants font donc quasi tous partie de familles pour lesquelles l'importance de l'instruction obliga­toire est bien enracinée depuis Charle-magne. Et de familles culturellement homogènes. Ceci est sans doute l'ex­plication principale de la performance finlandaise.

En deuxième lieu, son enseignement est confié aux collectivités locales, sur

base de normes nationales. Les ensei­gnants s'adaptent donc facilement aux besoins spécifiques et ne dépendent pas d'un "grand machin centralisé de l'Education", comme on le trouve en Belgique, sur le modèle jacobin de la France.

En troisième lieu, je ne pense pas que l'enseignement finlandais ait subi comme nous les coups de butoir de mai 1968 et de sa révolution culturelle maoïste, avec les multiples "rénova­tions" catastrophiques, en maths et en langues, copiées également sur les technocrates français de l'Education nationale.

 

Pierre Thomasset

Evrehailles

 

SATANÉES JOURNÉES PÉDAGOGIQUES!, CTR 14/12/2007

 

Trois journées pédagogiques par année ? O.K. pas de problème, encore faudrait-il qu'il y ait un système de garde à l'école ces jours-là ! Madame Arena n'avait-elle pas demandé qu'on ne laisse pas les enfants livrés à eux-mêmes ? Nous voilà déjà à la deuxième journée pédagogique, et pas de garde. Bref, débrouillez-vous, chers parents ! Moi, je n'ai personne à qui confier ma fille de 3 ans, mon mari et moi travaillons, nous n'avons pas de famille ou ses membres sont trop âgés pour s'en occuper. Alors, dois-je demander congé et perdre une journée de travail, au risque de déplaire à mon em­ployeur ? En ces temps difficiles, il vaut mieux ne pas faire de vagues ! Dois-je me faire porter pâle si mon patron refuse mon congé ? C'est hors de question. Prendre ma fille avec moi au travail ? Il y a trop de ris­ques qu'elle se blesse, et elle s'ennuierait sûrement beaucoup. Donnez-moi une solution, Madame Are­na ! Peut-être puis-je amener mon enfant dans votre superbe bureau, pour que vous jouiez avec elle ?

 

C.N., Libramont-Chevigny.

 

 

22:59 Écrit par Justitia et Veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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